Contribution : pour une politique efficace contre l'insécurité et la criminalité au Sénégal

Dans cette contribution publiée par iGFM, Jean Aimé, coordonnateur national de NOVIES, propose de traiter l'insécurité par des mesures structurelles plutôt que par des annonces successives.
Partir de la route
Le texte commence par ce que chacun observe : dépassements dangereux, excès de vitesse, circulation à contresens, giratoires pris au mépris des règles. L'auteur y voit plus qu'une somme d'imprudences. « Notre société est en train de devenir progressivement, mais inexorablement, une société d'intolérance et d'incivisme. »
Il refuse de ranger dans la fatalité des accidents de la route qui s'apparentent à des homicides, et tire de ces années un constat sans détour : « Les mesures ponctuelles ou conjoncturelles n'ont visiblement rien arrangé. » Ce qui manque n'est pas l'annonce, c'est la constance.
Prévenir le crime prémédité
Pour la délinquance organisée, la contribution avance quatre leviers :
- Assainir les zones criminogènes par des patrouilles et une surveillance régulières.
- Étendre la vidéosurveillance dans les zones urbaines.
- Créer des mécanismes de signalement simples — et, insiste l'auteur, réellement connus de la population, car un dispositif que personne ne comprend ne sert à rien.
- Mettre en place des unités locales d'intervention rapide pour la police, la gendarmerie et les sapeurs-pompiers.
Faire de la peine autre chose qu'une parenthèse
C'est la partie la plus substantielle du texte. Jean Aimé propose des quotas de travaux d'intérêt général ou un service civique pour les jeunes condamnés pendant leur détention, une formation professionnelle systématique pour les détenus sans qualification, et des périodes probatoires assorties d'un suivi régulier par des agents de probation, en particulier pour les récidivistes.
L'idée directrice : rendre la réinsertion conditionnelle, et faire du condamné un acteur de sa propre réhabilitation plutôt que son spectateur.
Mesurer pour corriger
La contribution demande enfin au ministère de la Justice de suivre les statistiques de la criminalité par type d'infraction, d'ajuster en conséquence les mesures de prévention et de répression, et de proposer les révisions législatives nécessaires. Sans cette mesure continue, aucune politique ne peut être corrigée — elle ne peut qu'être répétée.
L'auteur conclut en souhaitant que les autorités prennent « des mesures urgentes et structurelles », pour que le Sénégal reste sûr pour ceux qui y vivent comme pour ceux qui le visitent.
